Bienvenue dans la vie des FemmesFemme

L’Aventure au féminin, bienvenue dans la vie de Micheline

Je suis née peu de temps après la seconde guerre mondiale, en 1954, dans un baraquement sans électricité. A 5 ans, la famille déménage dans une cité provisoire à Saint-Pol-sur-mer (59). J’ai deux frères, seul papa travaille, ma maman est une femme aimante et très protectrice. J’ai une scolarité fluctuante et j’échoue au BEPC. J’étais une enfant hyper émotive et timide ce qui m’a desservi pendant toute mon adolescence.

Mon père était rustre et ma mère soumise ne me renvoyait pas l’image que j’avais de la femme. Je me disais souvent : « je n’aurai pas la vie que mène ma mère, dominée par un homme qui décide tout, sans aucune liberté d’action, c’est moi qui maîtriserai le cours de ma vie ».

1971

BEPC CAP, sténo dactylo en poche, je suis contrainte par mes parents à entrer dans le monde du travail à 17 ans. Eux qui n’avaient pas de diplôme, un BEP c’était bien suffisant ! J’aurais aimé continuer mes études pour embrasser le métier d’institutrice. Ce fut pour moi une obligation mal acceptée. Ce premier poste ne me plaît pas, il n’y a aucune perspective d’évolution et j’y resterai 7 ans malgré moi.

1976

Lors des sorties arrivent enfin (et oui j’ai dû attendre l’autorisation parentale…) ; je rencontre celui qui allait devenir mon époux, peut-être me suis-je précipitée dans le mariage pour fuir le foyer familial trop étriqué.

1977

Je me marie. Je mords à pleines dents dans ma nouvelle vie. j’en prends les rennes, très vite je démissionne pour emménager à Calais.

« La pensée d’une femme court toujours en avant de ses actes. » Shakespeare

1978

J’entre à l’Alsacienne, employée de bureau, je vais prendre des responsabilités, et faire partie de l’encadrement . Je m’épanouis chaque jour dans mon travail (gestion de la formation et du personnel intérimaire).

1981

Mon premier fils Julien nait en septembre 1981 suivi en mars 1989 de son frère Benoît.

1997

Je suis un parcours de formation, j’obtiens un BTS Assistante de direction option anglais. La revanche est prise sur l’arrêt de mes études à 17 ans. Je perds ma maman, c’est une épreuve douloureuse et difficile.

2000

J’intègre la cellule qui gère le plan social de l’Alsacienne visant la fermeture du site. Je fais également partie de la Cellule de Repli pour les non grévistes. Cela devait durer 18 mois mais psychologiquement je n’en pouvais plus. Voir ces salariés que je pensais bien connaître, devenir hostiles, je ne comprenais pas car j’allais moi aussi perdre mon emploi à 49 ans  Ce n’était pas évident mais je décidais de rebondir. Je ne veux pas attendre la fermeture, j’anticipe et je démissionne, une fois de plus c’est moi qui maîtrise le cours de ma vie.

Je trouve un poste équivalent dans une usine à Boulogne-sur-Mer, mais malheureusement j’entre en conflit avec la DRH qui ne m’avait pas dit que mon embauche était pour…..remédier au sur effectif dans certains services et procéder aux licenciements. Impossible pour moi. Je prends mes jambes à mon cou et je fuis !

2002

Je m’investis dans les actions du Téléthon et j’ai la chance de visiter l’AFM-Paris pour découvrir leurs travaux de recherches sur le Génome. J’ai fait une belle rencontre : Isabelle qui était très impliquée dans le Téléthon et dont j’appréciais énormément le contact. Nous avons ensemble rencontré des personnes malades, belle leçon de vie !

2003

Suivie par un cabinet conseil de Lille, je décroche un poste dans une TPE en parapharmacie. L’idée me plaît, il faut tout mettre en place : la gestion des salariés, le management des commerciaux, le dépôt de brevets. Chouette ! En plus le salaire est très confortable. Je ne me pose pas de limites, je me fais engloutir allant jusqu’à travailler 11 heures par jour. Mon job est devenu primordial. J’ai peut être un peu délaissé mes proches à cette époque. Mon fils aîné commençait à avoir des problèmes d’addiction que je parvenais pas à surmonter.

« Les opportunités ne sont pas offertes. Elles doivent être arrachées. Et cela demande de la persévérance…et du courage ». Indira Gandhi

2006

Je perds mon père qui ne s’était pas remis du décès de Maman. Je me retrouve orpheline, en vidant la maison avec mes frères, je revis le départ de ma mère et c’est une étape compliquée.

2008-2014

Un grave accident de vie va s’abattre sur nous avec la perte de notre fils aîné d’une sur dose. Très vite, je me pose la question « partir ou rester ? » Puis la culpabilité : « Je n’ai rien vu ? Je n’ai pas su le préserver » Cela m’empêche de me relever, le couple se renforce autour de ce malheur.

Les amis nous fuient, débute un grand moment de solitude. Notre fils âgé de 19 ans décide de quitter la maison où l’ambiance est devenue trop lourde pour lui.

Je fonde l’association Julien dont je prends la présidence, j’anime des actions de prévention en milieu scolaire et les stages de sensibilisation décidés par la justice, je participe à des conférences…

Avec l’aide d’une psychologue, nous apportons de l’aide à l’entourage de personnes addictes. Une fois de plus, je me jette à corps perdu dans le travail. Elle vivra 6 ans, elle allait être reconnue d’utilité publique lorsque je l’ai dissoute par manque de bénévoles…après avoir vu mourir d’autres jeunes de moins de 30 ans.

« L’esprit oublie toutes les souffrances quand le chagrin a des compagnons d’épreuves et que l’amitié le console ». Shakespeare

2011

Je prends la direction de l’Université, j’obtiens une licence de gestion en ressources Humaines (spécialité Droit, Economie, Gestion). On me suggère de poursuivre une formation pour tenter le Master ; bien que j’en avais envie, je renonce car l’âge de la retraite approche…
Je fais toutefois un passage (6 mois) par la mission locale en tant que conseillère chargée de mission pour accompagner les Jeunes 16-25 ans dans le cadre d’un plan de relance gouvernemental (financement permis de conduire).

Je me sens un peu perdue et sans but, je deviens bénévole pendant un an au sein de l’association du souvenir Français et je me découvre une passion pour la généalogie allant à la recherche de mes ancêtres morts pour la France.

Je continue à me consacrer à mes chambres d’hôtes créées en 2008 je rencontre des gens formidables et cela met de la vie dans notre grande maison.

Je m’oublie préférant penser aux autres, et j’ai pris du poids.
Une rencontre va m’en faire prendre conscience : un couple de photographes Sophie et Laurent Mayeux, rencontrés grâce à mon amie Isabelle, ont un projet d’écriture : « Elles ont osé être remarquables » et lorsque j’ai vu ma photo, le choc : je ne me suis pas reconnue ! Lors d’une exposition itinérante, j’ai eu l’occasion de rencontrer ces femmes dont le portrait avait été fait, que de belles personnes. De belles histoires de vie aussi.

Je me mets à jardiner, à coudre (c’est nouveau!), à aider mes proches.

Je continue à courir les brocantes car j’adore la déco et mon mari le bricolage.

Depuis 3 ans, nous partons 3 mois tous les ans avec notre camping car à la découverte de régions méconnues.

2015-2016

Cooptée par une amie de longue date, j’intègre une loge de franc maçonnerie.
Je ressentais le besoin d’approfondir ma recherche globale de la vérité, et développer ma pratique de la solidarité, en contribuant modestement au progrès de l’Humanité.

2020

Je me suis lancée dans la campagne municipale de Calais pour accompagner un candidat qui a hélas fait un faible score… mais ce fut pour moi une belle aventure humaine de plus, je gérais la communication et l’organisation des actions.

Aujourd’hui, à 66 ans, je sais que mon essentiel c’est l’autre. Et çà me va !
Comment je vais ? : je vais.

Micheline Marque

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