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La femme contemporaine…en danger ? Extrait de l’ouvrage La Femme expliquée d’Isabelle Deprez

Extrait de l’ouvrage d’Isabelle Deprez  La Femme expliquée à nos amis les hommes . Nov . 2011
La femme contemporaine…en danger ?

Juillet94

EXTRAIT

– Je te pardonne pour tes « touches d’humour » concernant les femmes, car je te connais bien. Peut-être es-tu toi aussi influencé par la culture de ta génération ?

-La culture de ma génération ? Tu parles de la génération des quinquas?

-Oui, j’ai observé que les hommes de 50 et plus ont souvent une attitude que je qualifierais de plus séductrice vis-à-vis des femmes.
Récemment encore je testais un billet un peu provocateur sur un blog. En analysant les réponses selon les âges, j’ai eu la confirmation que cette génération a une vision très stéréotypée de la femme

-Tu plaisantes ? Une génération de quinquas séductrice ? Tu veux dire que les femmes les séduisent, c’est cela ?

Fabrice, sourire aux lèvres, teste visiblement mon sens de l’humour.

– Ah, cette culture latine !!! Oui et non. Les hommes plus jeunes sont me semble-t-il plus mesurés dans leurs rapports aux femmes .En réaction aux comportements des femmes de leur génération, sensiblement plus directes, entend on fréquemment dire. Quoi que …

Pour les quinquagénaires, cette question serait déjà tranchée. Oui, la femme pourrait bien être « cette tentatrice » …

-Tentatrice, séductrice ? Ah mystérieuses femmes !

– Cette question de la séduction n’est pas récente. Elle est au cœur de la littérature depuis des siècles. Séduction du latin « seducere », signifie « conduire à soi ». La question est donc : la femme est-elle séductrice ? Dit autrement, le « noyau anthropologique de l’être féminin » est-il composé d’une dimension relative à la séduction?

-Noyau anthropologique ? de quoi s’agit-il ?

– Pour bien comprendre, il faut préciser ce qu’est l’anthropologie. Il s’agit de l’étude de l’être humain. Le noyau anthropologique féminin est donc ce qui fait, intrinsèquement, une femme. Camille Froidevaux-Metterie1 soutient que « La femme possède deux statuts, l’un psychique et l’autre social ». Son noyau anthropologique serait à la fois « actif et passif », c’est-à-dire tourné vers la conquête (dans sa dimension sociale) mais aussi en posture d’attente (dans sa dimension psychique) . C’est le volet relatif à la séduction qui par nature chez la femme, serait passif. Il s’agirait de « donner à voir », la fameuse « mascarade » qu’avaient observée plusieurs psychologues. Cette dimension psychique intègrerait également le désir de maternité. La femme serait « en attente » d’enfants en quelque sorte, ce désir serait présent dans son psychisme.

 La « femme contemporaine » pourrait, insiste cette experte, être en danger. Poussée à renoncer à une partie d’elle-même à savoir « la maternité » et « son être de séduction », par une double injonction de la société.

– De quelles injonctions me parles-tu, je ne vois pas ?

– Je simplifie volontairement et te prie de m’en excuser. La femme devrait, postule la société, pour être plus autonome, mettre de côté ou repousser la maternité. La seconde injonction est plus insidieuse encore. La femme devrait refuser « la domination du paraître » parce qu’elle répondrait à un « diktat masculin » ou de la société. Or, affirme l’auteur, nous confondons « diktat » et « plaisir esthétique et de séduction »au cœur du noyau anthropologique féminin. Bannir cette féminité, c’est refuser à la femme son identité de femme. Au même titre que le « désir d’enfants ». Or être soi, est essentiel. Il est important que chaque femme puisse exercer ses choix pour son propre équilibre. En quoi vouloir être belle et féminine serait préjudiciable ? 

Tu vois Fabrice, la question de la séduction et de la féminité est loin d’être close…et d’ailleurs le faut-il. Le plaisir du jeu de la séduction, du désir, l’appel de la « différence », n’est-il pas le propre de l’homme et de la femme. Notre culture latine finalement n’a pas que de mauvais côtés. Et personnellement, le modèle professionnel des relations « à l’américaine» ne m’inspire pas. Pour autant, cela n’autorise pas ni les excès, ni les réalités vécues par certaines femmes dans les entreprises ou dans leurs foyers. Séduction, n’est ni agression, ni manipulation, ni harcèlement. Un équilibre à trouver dans les relations surement.



1. Froidevaux-Metterie Camille, maître de conférences en sciences politiques à l’université Paris II et à Science Po, Naissance de la femme contemporaine, Le Débat, n° 157, novembre-décembre 2009.

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